Dschingis Khan

Edité en 2006, Dschingis Khan est passé presque totalement inaperçu malgré la notoriété de son auteur. Thème peu porteur ? Trop de bons jeux parus en même temps ? Manque de promotion ?
Comme toujours (ou presque) avec Leo Colovini, Dschingis Khan n'est pas un vrai jeu à thème. Le contexte, ici les invasions mongoles en Chine est généralement greffé à la fin pour habiller des mécanismes. L'auteur pourrait se contenter de créer des jeux abstraits mais il faut reconnâitre qu'un thème rend le produit plus attrayant.
Dans Dschingis Khan, vous ne jouez pas l'un des deux camps mais un seigneur qui essaye de tirer profit de la confusion qui règne autour de la Grande Muraille. Vous allez donc devoir déplcer des populations (paysans et soldats) et part et d'autre de la Grande Muraille tout en faisant bouger les frontières pour que chacun soit à sa place. Hélas, vos adversairs vont faire de même de leur côté tout en esayant de deviner vos intentions puisque tout se joue avec des pions face cachée.
Nous sommes donc ici en présence d'un véritable jeu de bluff à l'apparence peu controlable. En effet, chacun peut faire sa sauce dans son coin et le jeu n'a alors aucun intérêt ou alors on peut essayer de récuperer les villages adverses afin de prendre l'avantage. Dans ce dernier cas, il faudra faire preuve de clairevoyance pour deviner si votre adversaire vous a tendu un piège avec un village qui rapporte des points négatifs (des chinois en Mongolie ou des mongols en Chine).
Dschingis Khan est vraiment un jeu où il faudra penser à tout et où les stratégies se doivent d'être alambiquées au possible. La nécessité de deviner les intentions de l'adversaire tout en bluffant rend vraiment ce jeu complexe et il faudra plusieurs parties avant de se défaire de s'être impression de chaos impossible à maîtriser. A ce jeu, les parties à 2 deviennent plus rapidement maîtrisables alors que celles à 4 semblent ne jamais pouvoir permettre un certain contrôle.
Tout le problème de Dschingis Khan tient finalement à sa complexité et à la mauvaise première impression qu'il offre. Au terme d'une première partie, il risque de laisser sceptique (au mieux) la plupart des joueurs. Trop hasardeux pour les gros joueurs, trop froid pour les néophytes, Dschingis Khan ne semble pas pouvoir trouver son public. En revanche, si pour prenez la peine de vous accrocher, vous découvrirez un jeu d'une rare complexité où la victoire se mérite. A 2 joueurs, la guerre des nerfs est totale et les rounds d'observation sont dignes du poker. A plus, le jeu semble vraiment impossible à maîtriser et il ne parvient pas à gagner en intérêt (spécialement à 4). Derrière le joli matériel (même si je n'aime pas les pions en plastique) se cache finalement un monstre ludique qu'il faudra dompter partie après partie... ce qui limite donc grandement son intérêt pour le joueur occasionnel. Si vous aimez ce genre de jeux (et les jeux de Leo Colovini en général) et que vous savez vous accrocher jusqu'à maîtriser un système alors Dschingis Khan finira par vous offrir de grands moments ludiques. Pour tous els autres, passez votre chemin, vous n'y trouverez que frustration.
Dschingis Khan (Allemand)
Un jeu de Leo Colovini
Edité par Winning Moves
2 à 4 joueurs à partir de 10 ans (12 ans me parraît être un minimum pour espérer maîtriser un tant soit peu le système)
Durée 40 minutes
Prix moyen : 19€