Puerto Rico

Cela faisait un moment que je voulais tester Puerto Rico pour voir si il méritait tout le bien qu'on dit de lui. Je suis généralement assez sceptique quand aux jeux que l'on prétend faire l'unanimité...
Dans Puerto Rico, vous incarnez un vilain propriétaire terrien qui exploite honteusement la petite île de... Puerto Rico (original ça...) à grand coups d'esclaves qui n'avaient rien demandé à personne. Bon, on pourrait retomber éternellement dnas la polémique des jeux politiquement corrects mais ce serait vraiment cherhcer la petite bête. Il y aura toujours des gens pour dire que Puerto Rico fait l'apologie de l'esclavage (les mêmes qui reprochent à Emira d'être une insulte à la condition féminine) mais il ne faudrait quand même pas oublier que nous parlons ici de jeu et non pas d'opinions éthiques.
Bref, ceci mis à part, Puerto Rico pourrait bien se passer dans la Chine impériale ou dans le cartel de Medelin, cela ne changerait rien à l'affaire : nous sommes ici dans un jeu de commerce où il n'y a pas d'interactions directes entre les joueurs. Chacun leur tour, les joueurs ont recours aux services de l'un des sept personnages du jeu; tout le monde bénéficie de ses effets mais le joueur l'ayant choisi a également un bonus supplémentaire. Le but de la manoeuvre est de développer à la fois sa ville et son domaine pour en faire une puissance commerciale. Bâtiments, plantations et esclaves vous permettrons donc de faire du commerce et d'engranger des points de victoire.
Tout cela ressemble à pas mal d'autres jeux mais Puerto Rico réussi à harmoniser ces différents mécanismes avec beaucoup de réussite. Le jeu tourne sans problème et n'est pas si compliqué qu'on aurait pu le croire (sans toutefois être facile) même si on reste dans du gros jeu. Puerto est d'ailleurs victime d'un défaut classique de ce genre de jeu, l'effet Caylus (ne cherchez pas, la formule est de moi). L'effet Caylus qu'est-ce-que c'est ? C'est la quasi impossibilité pour un débutant de venir menacer quelqu'un ayant plusieurs parties derrière lui. Même si l'effet est ici moins maqué que dans Caylus, les néophytes de Puerto Rico ont souvent l'impression de ne pas jouer au même jeu que les habitués (sans parler d'experts). Même si les coups hasardeux du débutants peuvent largement favoriser un autre joueur et ainsi faire gagner un autre néophyte, il n'en reste pas moins qu'on contrôle finalement trés peu sa première partie. Tout cela n'est pas vraiment un défaut en soit, c'est juste que Puerto Rico demande à être apprivoisé et qu'il ne prendra toute sa saveur qu'après quelques parties.
Au final, Puerto Rico est un petit "gros jeu"; complexe sans être trop compliqué, long sans être interminable, difficile sans être hors de portée, tout est réuni pour faire de ce jeu une belle réussite. Les parties sont agréables et on oublie rapidement la matériel plutôt môche pour s'approprier le thème. Reste que quelques défauts font que Puerto Rico un trés bon jeu sans être le petit bijou annoncé : interactions trop limitées, placement autour de la table déterminnant, possibilité de changer complétement la donne de la partie sans avoir joué de bons ou de mauvais coup et temps d'adaptation sont autant de petits défauts finalement peu génants mais suffisant pour se dire qu'il existe mieux ailleurs. Quoi qu'il en soit, Puerto Rico reste trés bon aussi n'hésitez pas à l'essayer !
Puerto Rico (Français)
Un jeu de Andreas Seyfarth
Edité par Alea
2 à 5 joueurs à partir de 12 ans
Durée 90 à 150 minutes
Prix moyen : 40€